Je n’ai aucune routine
Commencez par les quatre temps, puis la version débutant. Une routine simple, tenue sur chaque coup, vaut mieux qu’une routine parfaite appliquée une fois sur deux.
Ma routine lâche dès que la carte compte
Allez au chapitre sur les dérapages et à la méthode en quatre semaines : le problème vient presque toujours d’une routine répétée au practice sans cible, ou d’une pensée technique glissée au dernier moment.
On me dit que je joue trop lentement
Chronométrez votre routine avec l’outil de la page. Au-delà de 40 secondes, c’est la phase de décision qu’il faut raccourcir, et les règles prévoient une pénalité pour le retard déraisonnable.
Au practice, la balle suivante est déjà là, le club ne change pas, la cible non plus. Sur le parcours, chaque coup est unique et on n’a pas de deuxième essai. La routine pré-shot sert à combler cet écart : elle recrée, avant chaque coup, les conditions dans lesquelles votre swing fonctionne. Voici comment la bâtir, la chronométrer et la tenir quand la partie se tend.
Ce qu’une routine pré-shot est, et ce qu’elle n’est pas
Une routine pré-shot est une séquence fixe d’actions et de pensées qui précède chaque coup. Même ordre, même rythme, à peu près la même durée, que le coup soit facile ou non.
Le terme vient de l’anglais pre-shot routine ; on parle aussi de « rituel ». Ce qui la définit, c’est la répétition.
Elle se distingue de trois choses avec lesquelles on la confond souvent :
- Une superstition. Toucher sa casquette ou tourner deux fois le club dans les doigts peut en faire partie, mais seulement si le geste a une fonction : relâcher les mains, lancer le rythme.
- Une liste de consignes techniques. « Épaules fermées, poids à gauche, poignets cassés tôt » : c’est une leçon, pas une routine. La technique se travaille avant la partie.
- Un temps de réflexion libre. Rester au-dessus de la balle sans savoir quand partir n’est pas une routine. C’est même ce qu’elle cherche à supprimer.
Une bonne routine commence au moment où c’est votre tour et se termine au premier mouvement du club. Elle laisse le swing à ce qu’il sait déjà faire.
Pourquoi une routine tient mieux que la volonté
Le swing dure moins de deux secondes. Ce qui le dérègle arrive avant : le doute, la pensée du bunker à droite, le coup raté au trou précédent.
La routine occupe ce temps avec des tâches précises. Pendant qu’on vérifie le vent et qu’on choisit un point de visée, on ne pense pas au hors-limites.
La recherche va dans ce sens. En 2010, Stephen Cotterill, Ross Sanders et Dave Collins ont interrogé des golfeurs amateurs de haut niveau sur leur routine dans le Journal of Applied Sport Psychology. Les joueurs lui attribuaient surtout deux fonctions : se concentrer sur le coup à jouer et tenir à distance les pensées parasites. La conclusion pratique des auteurs est simple. Une routine se construit à partir des besoins du joueur, pas en copiant celle d’un autre.
Une autre piste concerne le regard. L’équipe de Samuel Vine, Lee Moore et Mark Wilson, à l’université d’Exeter, a entraîné des golfeurs de bon niveau à garder les yeux fixés sur l’arrière de la balle quelques secondes avant et pendant le putt (le « quiet eye »). Publiée en 2011 dans Frontiers in Psychology, l’étude montre un groupe entraîné qui résiste mieux à la pression en test et qui prend moins de putts en compétition que le groupe témoin dans les semaines suivantes.
Jack Nicklaus, lui, décrivait déjà la chose en 1974 dans Golf My Way : il ne jouait jamais un coup, même à l’entraînement, sans en avoir une image nette en tête. La visualisation fait partie de presque toutes les routines de joueurs confirmés.
Une routine ne rend pas le swing meilleur. Elle rend le swing que vous avez déjà plus disponible sur le parcours, ce qui, pour un amateur, pèse souvent davantage sur la carte.
Les quatre temps d’une routine de plein swing
La plupart des méthodes découpent la routine en trois phases : décision, alignement, exécution. Nous en isolons une quatrième, la répétition, parce que c’est elle qui dérape le plus chez les amateurs.

1. Décider, derrière la balle
Placez-vous deux ou trois mètres derrière la balle, dans l’axe de la cible. C’est le seul endroit d’où la ligne de jeu se lit correctement. Faites-y le point en quatre questions : quelle distance, quel vent, quelle position de balle, quelle zone de sécurité. Puis choisissez le club et, surtout, une cible précise : un arbre, le côté gauche du green, pas « par là ».
Terminez par une image du coup. Trajectoire, point de chute, roule. Si l’image ne vient pas, c’est souvent que la décision n’est pas prise.
2. Répéter, une seule fois
Un swing d’essai, à côté de la balle, les yeux sur la cible si possible. Il sert à sentir le rythme du coup, pas à corriger un défaut. Trois swings d’essai rallongent la routine pour rien, et le troisième ressemble rarement au premier.
3. S’aligner, dans le bon ordre
L’ordre compte plus que la précision de chaque geste. Choisissez un point de visée intermédiaire à un mètre devant la balle, sur la ligne : une feuille, une touffe d’herbe plus claire. Posez d’abord la face du club perpendiculaire à ce point. Placez ensuite les pieds, puis les épaules, parallèles à la ligne. S’aligner sur un repère proche est bien plus fiable que sur un drapeau à 150 mètres. Nous avons mesuré ce qu’un défaut d’alignement des épaules de deux degrés coûte au point de chute : de quoi convaincre de ne pas bâcler cette étape.
4. Déclencher, sans attendre
Un dernier regard vers la cible, un waggle pour relâcher les avant-bras, et on part. Le délai entre le moment où l’on est installé et le départ du club doit être court et constant. Chaque seconde de plus au-dessus de la balle laisse de la place à une consigne technique de dernière minute. Si le rythme de votre swing reste un chantier, la méthode du tempo au ratio 3 pour 1 s’intègre très bien à ce dernier temps.
Combien de temps doit-elle durer ?
Les Règles de golf donnent un repère précis. La règle 5.6b recommande que le joueur joue chaque coup en 40 secondes au plus, à compter du moment où il peut jouer sans gêne ni distraction. Elle ajoute qu’il devrait généralement pouvoir jouer plus vite.
Ce chiffre n’est pas une durée à atteindre. C’est un plafond, et une routine bien construite tient largement dessous : autour de 30 à 35 secondes pour un plein swing, moins pour un putt court. L’outil ci-dessous additionne vos phases pour vérifier où vous vous situez.
Saisissez ce que vous faites réellement, pas ce que vous aimeriez faire. Le mieux est de vous faire chronométrer par un partenaire sur trois coups.
Dans le budget : vous êtes sous les 40 secondes recommandées.
Hypothèses : un swing d’essai compte pour 5 secondes (s’écarter, swinguer, revenir), un waggle ou un regard vers la cible pour 2 secondes. Plafond : recommandation de la règle 5.6b des Règles de golf, édition 2023 en vigueur en septembre 2026.

Le chronomètre ne compte pas la marche jusqu'à la balle ni la lecture du green, qui se font pendant que les autres jouent. C'est tout le principe du ready golf, que la règle 6.4b encourage en stroke play : préparer son coup avant son tour, pour n'avoir plus que la routine à dérouler quand il arrive.
Quatre règles à connaître avant de fixer la sienne
Plusieurs gestes de routine vus à la télévision sont pénalisés par les Règles de golf. Mieux vaut le découvrir ici qu'en compétition de club.
| Règle | Ce qu'elle interdit dans la routine | Pénalité |
|---|---|---|
| 5.6a | Retarder déraisonnablement le jeu, par exemple une routine interminable répétée à chaque coup | 1 coup, puis pénalité générale, puis disqualification |
| 10.2b(3) | Poser un club ou un objet au sol pour aligner ses pieds, puis prendre son stance avec | Pénalité générale : 2 coups en stroke play |
| 10.2b(4) | Laisser son cadet derrière soi, dans le prolongement de la ligne, pendant qu'on prend son stance | Pénalité générale, évitée si l'on recule et recommence |
| 8.1a | Un swing d'essai qui casse des branches ou aplatit l'herbe gênant le coup à jouer | Pénalité générale |
La règle 10.2b(3) mérite une précision. Poser un club au sol pour vérifier son alignement reste permis à l'entraînement et même pendant la routine, tant qu'on le retire avant de prendre son stance. Une fois installé avec l'objet en place, la pénalité s'applique, et reculer ne l'efface pas.
Pour le reste des situations litigieuses du parcours, notre point sur les cinq règles qu'on applique mal complète ce tableau.
Du driver au putt : ce qui change, ce qui reste
La plupart des guides décrivent une seule routine, celle du plein swing. Sur le parcours, vous en jouez quatre sortes. L'ordre des gestes reste le même d'un coup à l'autre ; ce qui s'adapte, c'est l'endroit d'où l'on regarde et la nature du swing d'essai.

Au départ, la cible est une zone de fairway, pas le fairway entier. Le point de visée intermédiaire ne se discute pas ici, parce que la ligne se perd vite dès qu'on se place de profil.
Aux fers, la décision pèse plus lourd. Lie de la balle, pente sous les pieds, distance réelle au centre du green : c'est là que se perdent la plupart des coups. Le swing d'essai doit reproduire la pente, pieds placés comme ils le seront.
En approche, on regarde le coup depuis le côté, là où l'on voit le mieux la zone de chute et la roule. Deux mini-swings servent à doser l'amplitude. On vise un point d'atterrissage, jamais le drapeau.
Au putt, la lecture de la pente se fait avant, en approchant du green. La routine commence ensuite : deux coups d'essai en regardant le trou pour sentir la longueur, placement du putter, un regard, on putte. Les repères de lecture des pentes trouvent leur place dans cette phase, pas une fois installé au-dessus de la balle.

Construire la vôtre en quatre semaines
Une routine s'installe au practice, et c'est l'étape que la plupart des joueurs sautent : ils tapent des seaux entiers sans jamais la répéter. Voici une progression sur quatre semaines, à deux séances par semaine.
- Semaine 1, écrire. Notez votre routine actuelle telle qu'elle est, en vous filmant sur cinq coups. Gardez ce qui a une fonction, supprimez le reste. Le résultat tient en quatre ou cinq gestes.
- Semaine 2, répéter à vide. Sur chaque balle, déroulez la routine complète, avec une cible différente à chaque fois. Moitié moins de balles qu'à l'habitude, c'est normal.
- Semaine 3, chronométrer. Un partenaire mesure dix routines. L'écart entre la plus courte et la plus longue doit rester sous cinq ou six secondes. Au-delà, repérez la phase qui s'allonge.
- Semaine 4, simuler le parcours. Jouez un parcours imaginaire au practice : driver, fer, approche, en changeant de club et de cible à chaque balle. Une seule balle par « trou ».
Cette dernière étape s'insère facilement dans une séance de practice structurée, en fin de séance, quand la fatigue rapproche des conditions de jeu.
Demandez à quelqu'un de vous observer sur neuf trous sans rien dire. S'il est capable, au bout de trois trous, de prévoir le moment exact où vous allez partir, votre routine est installée.
Débutant : la version en trois gestes
Un débutant a déjà beaucoup à gérer ; une routine en quatre temps serait une consigne de plus. La version minimale tient en trois gestes :
- Regarder la cible depuis l'arrière de la balle et en choisir une précise.
- Poser le club derrière la balle, face vers cette cible.
- Placer les pieds, un regard, et jouer.
Le swing d'essai et le point intermédiaire viendront plus tard. Au début, deux interdits suffisent : jouer sans cible, rester figé au-dessus de la balle. Pour le reste, nos repères sur la position à l'adresse posent les bases.
Quand la routine déraille sur le parcours
Trois dérapages reviennent sans cesse chez les amateurs.
La routine qui s'allonge sous la pression. Sur un coup important, on reste plus longtemps derrière la balle, on ajoute un swing d'essai. C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire : la routine est justement ce qui ne doit pas changer.
La pensée technique de dernière seconde. « Garde la tête baissée » ou « finis haut » glissé une fois installé. Si une consigne technique doit exister, elle a sa place pendant le swing d'essai, jamais après.
Partir malgré le doute. Un bruit, une hésitation sur le club, une pensée parasite : on sent que ce n'est pas le bon moment, et on joue quand même. La bonne réponse est de reculer et de recommencer la routine depuis le début. Ce n'est pas une perte de temps, à condition de ne pas en faire une habitude.
Quand ce doute se fixe sur le putt au point de bloquer le mouvement, le problème dépasse la routine : notre article sur les yips au golf traite ce cas à part. Et pour ceux à qui l'on reproche leur lenteur, les usages décrits dans notre page sur l'étiquette au golf aident à se préparer pendant que les autres jouent.
Qu'est-ce qu'une pre shot routine au golf ?
C'est la suite de gestes et de pensées qu'un golfeur répète avant chaque coup : choix de la cible et du club, swing d'essai, alignement, déclenchement. Sa fonction est de reproduire sur le parcours les conditions du practice et d'occuper l'esprit avec des tâches utiles plutôt qu'avec le doute.
Combien de temps doit durer une routine pré-shot ?
La règle 5.6b recommande de jouer en 40 secondes au plus une fois que c'est votre tour. Une routine de plein swing tient bien en 30 à 35 secondes, un putt court en une vingtaine. La constance compte davantage que la durée exacte.
Combien de swings d'essai faut-il faire ?
Un seul suffit sur un plein swing, deux petits pour doser une approche ou un putt. Au-delà, la routine s'allonge sans gain, et les swings suivants ne ressemblent plus au premier. Ce qui compte, c'est d'en faire toujours le même nombre.
Faut-il la même routine au putting ?
Le même ordre, oui : décider, répéter, s'aligner, déclencher. Mais la lecture de la pente se fait avant, pendant que les autres jouent, et les coups d'essai servent à sentir la longueur en regardant le trou.
Peut-on poser un club au sol pour s'aligner pendant la partie ?
Pour vérifier la ligne, oui, à condition de le retirer avant de prendre son stance. Se placer avec un objet posé pour aider à l'alignement est interdit par la règle 10.2b(3) et coûte deux coups en stroke play.
Que faire si l'on est dérangé pendant la routine ?
Reculer, attendre que la gêne cesse, puis reprendre la routine depuis le début, derrière la balle. Repartir du milieu est la meilleure façon de jouer un coup qui n'a pas été préparé.
Au prochain practice, filmez-vous sur cinq balles et notez ce que vous faites vraiment avant chaque coup. Gardez quatre gestes, pas plus, et chronométrez-les avec l'outil de cette page. Puis jouez vos neuf prochains trous avec une seule consigne : la même routine sur chaque coup, y compris le putt d'un mètre.
Règles de golf R&A et USGA, édition 2023, règles 5.6, 6.4b, 8.1a et 10.2b, dans la traduction de la Fédération française de golf, consultées le 24 septembre 2026. Cotterill, Sanders et Collins, « Developing effective pre-performance routines in golf », Journal of Applied Sport Psychology, 2010. Vine, Moore et Wilson, « Quiet eye training facilitates competitive putting performance in elite golfers », Frontiers in Psychology, 2011. Jack Nicklaus, Golf My Way, 1974.
Comment cette page est tenue : faits vérifiés sur les sources ci-dessus, article publié le 24 septembre 2026 et vérifié le même jour, relu à chaque mise à jour. Rédaction indépendante, sans partenariat avec les marques citées.



