Vingt minutes dans un salon valent mieux qu’un seau de balles frappé sans but. À la maison, on ne travaille ni la distance ni le vol de balle. On travaille ce qui se répète à l’identique sur le parcours : la posture, le tempo, le contact au putting et la vitesse de roule. C’est là que se jouent la plupart des coups perdus d’un amateur.
Que peut-on vraiment travailler chez soi ?
Trois domaines se prêtent bien à l’intérieur. Le petit jeu, d’abord : putting et chips courts avec des balles en mousse. La mécanique du swing ensuite, à vitesse lente, sans balle, face à un miroir ou une vitre. Enfin le corps : mobilité des hanches et du haut du dos, gainage, équilibre sur un pied.
Ce qui reste réservé au practice : la distance de chaque club, le vol de balle, les coups dans le vent. Chez soi, on prépare ce travail, on ne le remplace pas. Notre article sur la séance de practice structurée montre comment relier les deux.
L’espace nécessaire, exercice par exercice
Avant d’acheter quoi que ce soit, mesurez la pièce. Le tableau donne des ordres de grandeur pour un adulte de taille moyenne.
| Exercice | Longueur au sol | Hauteur sous plafond | Matériel |
|---|---|---|---|
| Putting | 3 m minimum, 4 à 5 m idéal | Sans contrainte | Moquette rase ou tapis, 2 tees, un verre couché |
| Chips courts | 4 m | 2,50 m | Balles en mousse, panier ou coussin |
| Demi-swing sans balle | 2 m autour de soi | 2,50 m avec un wedge | Miroir, serviette |
| Plein swing dans un filet | 4 à 5 m de profondeur | Environ 3 m avec un driver | Filet, tapis de frappe |
| Mobilité et gainage | 2 m | Sans contrainte | Tapis de sol, un club |
Le test de sécurité prend dix secondes. Prenez votre position, montez le club jusqu’en haut au ralenti, puis allez au finish. S’il frôle le plafond ou un luminaire, raccourcissez le club ou passez au demi-swing. Pour les pleins coups, notre guide du filet de practice détaille les dimensions et la fixation.

Le putting sur moquette
C’est l’exercice le plus rentable. Sur le circuit professionnel américain, on rentre environ un putt sur deux à 2,40 mètres. Un amateur fait nettement moins bien, et chaque putt raté de près coûte un coup entier.
- La porte : deux tees plantés à peine plus écartés que la tête du putter, à 1 mètre du trou. Dix putts de suite sans toucher les tees.
- L’échelle : trois balles posées à 1, 2 et 3 mètres. Chacune doit s’arrêter dans les 30 centimètres derrière la cible.
- La ligne : un fil ou un ruban adhésif au sol, la balle doit rouler dessus sur 2 mètres.
Une moquette roule plus lentement qu’un green d’été. Elle force donc à frapper franchement, ce qui reste un bon réflexe. Pour une surface plus fidèle, voyez notre article sur l’installation d’un putting green à la maison.
Répéter son swing sans balle
Sans balle, le cerveau cesse de vouloir frapper. On sent enfin les positions.
- Cinq swings à un quart de la vitesse normale, en comptant le rythme montée et descente. Le rapport visé est de 3 pour 1, comme expliqué dans notre fiche sur le tempo du swing.
- Face au miroir, la posture à l’adresse : dos droit, flexion des hanches, bras qui pendent naturellement.
- Une serviette coincée sous les deux aisselles pendant des demi-swings : si elle tombe, les bras se sont détachés du corps.
- Deux minutes de grip par jour, club en main devant la télévision, jusqu’à ce que la prise devienne automatique.
La mobilité complète le tout. Rotation du haut du dos, ouverture des hanches, équilibre sur un pied : les exercices sont détaillés dans notre article pour préparer son corps au swing.
Un programme de quatre séances par semaine
La régularité compte plus que la durée. Quatre séances courtes ancrent mieux un geste qu’une seule longue le dimanche.

Gardez le même ordre à chaque séance : cinq minutes d’échauffement, dix minutes d’exercice, cinq minutes de test noté. Notez le score dans un carnet ou sur votre téléphone.
Mesurer ses progrès sans parcours
Sans chiffre, impossible de savoir si l’on progresse. Trois tests suffisent, à refaire chaque semaine.
| Test | Comment | Objectif à 4 semaines |
|---|---|---|
| Putts courts | 10 putts à 1 m | 9 rentrés sur 10 |
| Dosage | 9 putts à 3 m | 7 arrêtés à moins de 30 cm |
| Chips | 10 balles en mousse à 4 m dans un panier | 5 dedans |
Comment s’entrainer au golf à la maison sans matériel ?
Un club et un miroir suffisent. Travaillez la posture à l’adresse, des swings lents en comptant le tempo, et le grip deux minutes par jour. Pour le putting, un verre couché sur une moquette fait office de trou, et deux tees servent de porte.
Quelle hauteur de plafond pour swinguer à l’intérieur ?
Comptez environ 3 mètres pour un plein swing au driver, et 2,50 mètres pour des demi-swings avec un wedge. Faites toujours un swing d’essai au ralenti avec le club le plus long avant de frapper la moindre balle.
Le putting sur moquette sert-il vraiment ?
Oui. Il travaille la ligne, le contact et le dosage. La moquette roule plus lentement qu’un green, ce qui oblige à frapper franchement. Les exercices de la porte et de l’échelle se transposent tels quels sur le putting green du club.
Combien de temps faut-il s’entrainer chez soi ?
Quatre séances de 20 minutes par semaine donnent de meilleurs résultats qu’une longue séance. Comptez quatre semaines avant de juger les progrès sur des tests chiffrés, comme 9 putts rentrés sur 10 à un mètre.
Peut-on frapper de vraies balles dans son jardin ?
Seulement dans un filet bien tendu et fixé, avec assez de recul. Sans filet, préférez les balles en mousse ou les balles à distance réduite, qui ne risquent ni vitre ni voisin.
Ce soir, mesurez la pièce où vous comptez vous entrainer et faites le test du swing au ralenti. Demain, posez deux tees à un mètre d’un verre couché et notez votre premier score sur dix. Recommencez quatre fois par semaine, et comparez dans un mois.
PGA France, série « Golf à la maison » : exercices de putting, de chipping, de renforcement et de mobilité proposés par des enseignants professionnels, consultée le 2 octobre 2026.



